Renan Luce - D'une tonne à un tout petit poids

Renan Luce - D'une tonne à un tout petit poids

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Voyager

J'ai libéré mes deux mains prises
Doigts engourdis
En déposant nos deux valises
Sur le tapis
Nous les laissons au bon vouloir
D'un bagagiste
On est légers dans les couloirs
Qui mènent aux pistes
En passant sous un détecteur
Puisqu'il sonnait
T'as trouvé dans ta robe à fleurs
Un peu d'monnaie
Cool, le hublot tu me le laisses
Tu m'connais bien
J'aime voir les nuages qu'on transperce
Ça leur fait rien
Ça leur fait rien
Voyager ...
Tu ne regardes jamais en l'air
Quand on s'ballade
Tu vas là où y'a d'la poussière
Là où c'est crade
Tu dis qu'une ville pour qu'on arrive
À la comprendre
Il faut voir les chats qui y vivent
Et dans ses méandres
Les murs peints à la bombe
Sont tes musées
Au café qui surplombe
Des toits usés
La place face aux fenêtres je te la laisse
Je te connais bien
T'aimes voir la foule qui se presse
Qui va qui vient
Qui va qui vient
Voyager ...
J'ai libéré mes deux mains prises
Doigts engourdis
En déposant nos trois valises
Sur le tapis
Je t'attends un peu à la douane
Quand tu marchandes
Pour qu'on te laisse tes Ray-Ban
De contrebande
Passé sous un détecteur
Il a sonné
J'avais dans ma poche intérieure
Remis mes clés
Cool, le hublot tu me le laisses
Tu m'connais bien
J'aime tant voir Paris qui se dresse
Quand on revient
Quand on revient
Voyager ...

La boîte

Écoutez l’histoire
Diffi cile à croire
Mais moi j’suis bonne poire
Et j’sais pas c’qui m’a pris
Mon pote qui débarque
Tremblant et puis moite
Il me tend une boîte
Et m’dit je t’en prie
J’voudrais qu’tu m’la gardes
En bon camarade
Dépose-la peinarde
Planquée à l’abri
Il repart en trombe
Plus vite que son ombre
Déjà au loin gronde
Sa caisse dans Paris
Par amitié, j’veux bien te servir d’alibi
Dire à ta femme qu’on est sortis
Au tennis, faire genre que tu gagnes
À la rigueur, je peux même te prêter tes thunes
Ou une p’tite laine si t’as un rhume
À PES, j’te laisse l’Espagne
Je me battrais s’il faut se battre
Oui mais quoi faire avec cette boîte

Appelle quand tu te réveilles

Appelle-moi quand tu te réveilles
Je suis déjà dehors
J’ai bien suivi ton conseil
Me suis l’vé à l’aurore
Et c’est vrai ça a du charme
La ville au p’tit matin
L’air est frais, ça donne des larmes
Qui sont pas du chagrin
Je garde les mains dans les poches
Et comme la nuit décline
J’ai cet air dans la caboche
Dauphin d’la place Dauphine
Mais tu sais, c’est pas pour rien
Si j’écourte mon sommeil
Je te l’dirai si t’y tiens
Appelle quand tu t’réveilles
Appelle quand tu t’réveilles
Moi c’que j’ai sur le coeur
C’est pas l’genre qu’on bégaye
Sur un répondeur
Appelle quand tu t’réveilles
J’pourrais plus me débiner
Quand y’aura ton oreille
Sur le combiné
Appelle-moi quand tu t’réveilles
Maint’nant à l’horizon
Y’a une jolie fl aque vermeille
Au-dessus des maisons
Les quartiers que je franchis
Ont tous leur anecdote
Un manteau de nostalgie
Que le temps détricote
Je sors les mains de mes poches
Pour attraper au vol
Les souvenirs qui ricochent
Du temps d’nos amours folles
Mais tu sais que même froissé
Au fond d’une corbeille
Je déplierai le passé
Appelle quand tu t’réveilles
Appelle quand tu t’réveilles
Moi c’que j’ai sur le coeur
C’est pas l’genre qu’on bégaye
Sur un répondeur
Appelle quand tu t’réveilles
J’pourrais plus me débiner
Quand y’aura ton oreille
Sur le combiné
Appelle-moi quand tu t’réveilles
J’arrive chez ta maman
J’la connais, j’me déconseille
De sonner pour l’moment
C’est là que tu t’réfugies
Et ta mère qu’est une lionne
M’accueillerait à coups d’fusil
Si elle voit que j’espionne
Du coup j’me sens un peu con
Roméo d’pacotille
Quand je vois à ton balcon
Une lumière qui scintille
J’t’imagine, t’écoute sûrement
Ma voix au téléphone
Te dire que j’m’en veux tell’ment
Appelle quand tu m’pardonnes
Appelle quand tu m’pardonnes
Moi c’que j’ai sur le coeur
C’est pas l’genre qu’on marmonne
Sur un répondeur
Appelle quand tu m’pardonnes
J’pourrais plus me débiner
Quand j’saurai qu’tu t’cramponnes
Sur le combiné

J’habitais là

À ma porte j’entends qu’on frappait
Trois coups timides
Un homme que la vieillesse drapait
De jolies rides
Comme on se retrouve face à face
Je sens qu’il cherche
Un truc à dire mais un ange passe
J’lui tends une perche
Vendriez-vous quelque chose ?
Calendriers, chats qui posent
Pour votre hospice une tombola
Mais il me glisse j’habitais là
Je n’ai pas su quoi lui répondre
À part “entrez”
Le temps que coule un café sombre
Vous m’raconterez
Ça a dû changer j’imagine
J’le sens paumé
Américaine est la cuisine
Cloisons gommées
Il m’dit je cherche, je sais même pas quoi
Souvenirs de fl èches et de carquois
Mes soldats de plomb peuvent plus se battre
Dans votre maison en placo-plâtre
Mais quoi, j’allais pas lui remonter des cloisons
À l’entendre j’avais pillé sa maison
Mais la porte des souvenirs reste toujours entrebâillée
Alors j’ai pris un bout de craie
Et sur le sol
J’ai dessiné quelques grands traits
Pour qu’il recolle
Ses souvenirs qui foutaient l’camp
Ensevelis
Là-bas le piano de maman
Ici mon lit
Cette nuit-là, le plancher craque
Mon grand frère dort pas, remplit un sac
Il me chuchote “faut qu’tu t’rendormes”
Je vois qu’il porte un uniforme
Je n’ai pas su quoi lui répondre
Mais j’ai compris
Ce qu’il y avait dans la pénombre
Et qu’on lui a pris
Une enfance qui s’évapore
Et r’viendra pas
Il murmura une fois encore
J’habitais là

Au téléphone avec maman

Au téléphone avec maman
Beaucoup j’écoute, un peu je mens
Mais non, c’est pas l’bruit d’un briquet
Des mois qu’j’touche plus à un paquet
Bien sûr, je viens au mois d’juillet
Bien sûr que j’ai pris mes billets
Au téléphone avec maman
Mais oui, j’le porte pile en c’moment
Ton joli pull à gros motifs
Moitié vert pâle, moitié rouge vif
Bien sûr qu’avec j’ai eu la cote
Bien sûr que j’aime quand tu tricotes
Au téléphone avec maman
Grand maximum, j’ai quatorze ans
Au téléphone avec maman
Moitié je parle, moitié elle ment
J’suis très heureuse que tu fréquentes
Cette fi lle p’t’être un peu provoquante
Mais oui, c’est bien que t’aies la cote
Bien sûr que j’aime quand tu fricotes
Au téléphone avec son fils
Grand maximum, j’crois qu’j’en ai dix
On se rassure avec maman
Pour chaque blessure un pansement
Mais on voit clair dans la combine
Pour chaque fêlure une rustine
Mais je sais bien qu’en cas d’grand froid
J’aurai un pull et puis tes bras
Au téléphone avec maman
Moitié je parle, moitié elle ment
Ne t’inquiète pas jamais j’m’ennuie
Mais non, j’me réveille pas la nuit
Bien sûr la télé est éteinte
Bien sûr, j’sais ouvrir une pièce jointe
Au téléphone avec maman
On s’demande qui sont les parents
Au téléphone avec maman
Moitié elle parle, moitié je mens
Mais non, y’a aucun bruit derrière
Je l’ai quittée cette fille vulgaire
Bien sûr que j’ai des tas d’amis
Bien sûr, t’es la femme de ma vie
Au téléphone, ton rejeton
S’demande comment couper l’cordon
On se rassure avec maman
Pour chaque blessure un pansement
Mais on voit clair dans la combine
Pour chaque fêlure une rustine
(Mais) devine qui en juillet se pointe
Ta petite fille dans une pièce jointe

Réponse à tout

Pour les grandes fl ambées d’hiver
Petit bois et appel d’air
J’ai quelques notions
Si tu veux qu’on fasse équipe
Disons qu’au Trivial Pursuit
J’suis pas loin d’être bon
Dans l’alignement d’mon doigt
Je peux te montrer des fois
Au moins la Grand’ Ourse
J’ai mon p’tit stock de proverbes
Demain on déjeunera sur l’herbe
Si la lune est rousse
Mais pardonne-moi par avance
Les pluies des fi ns d’grandes vacances
Viennent sans prévenir
Non, c’n’est pas un oubli
Y’a rien contre la mélancolie
Je sais c’que tu vas m’dire
J’ai pas réponse à tout
T’es pas née dans les choux
Y’a pas eu de cigognes
Y’a des chagrins qui cognent
Des papas qui échouent
Y’a des mystères partout
Pour les grandes marées d’automne
Je sais c’que la mer abandonne
Sur le sol mouillé
Sur dix, j’me mettrais un huit
En montage de meuble en kit
Je peux m’débrouiller
J’connais des histoires bancales
Pourquoi l’poisson du bocal
A le ventre en l’air
J’connais des histoires vaseuses
Peluche perdue s’ra plus heureuse
Chez les ours polaires
Mais par avance, faut qu’tu m’pardonnes
J’peux pas faire taire les cloches qui sonnent
Septembre va revenir
Non, c’n’est pas un oubli
Y’a rien contre la mélancolie
Je sais c’que tu vas m’dire
J’ai pas réponse à tout
T’es pas née dans les choux
Y’a pas eu de cigognes
Y’a des chagrins qui cognent
Des papas qui échouent
Y’a des mystères partout

Amoureux d’une flic

Elle m’a verbalisé avec classe
Elle souffl a de l’air chaud
Au bout de son stylo
Elle m’a verbalisé avec grâce
Son p’tit poignet nerveux
Agitant son Bic bleu
Elle m’a fait l’coup d’la panne
Le stylo de madame
Ne marche pas
Ça l’a fait marrer
Et moi, mal barré
Me voilà
Amoureux d’une flic
Pourquoi pas
Mais comment je l’explique
À papa ?
Qui s’est fait dérouiller
Par tout un poulailler
Autrefois
Qui a la marque d’une matraque
Grosse comme un oeuf de Pâques
Près du foie
Et ben voilà en gros le dilemme
Si j’les présente franco
Papa, Julie Lescaut
Je peux déjà prévoir les chrysanthèmes
Faut la jouer finaud
Faut trouver le créneau
Pas lui dire que son flic S’tape tous les Bruce Willis
En cassettes
Que la loi de Murphy
Pour elle, c’est celle d’Eddy
Ma fl iquette
Amoureux d’une flic
Pourquoi pas
Mais comment je l’explique
À papa ?
Lui qui a perdu une jambe
Pour un cocktail qui flambe
Mal lancé
Lui qui a l’ouïe moyenne
Entendu trop d’sirènes
Dans l’passé
Elle s’est dit qu’l’uniforme était d’rigueur
Pour leur première rencontre,
j’pensais qu’les fleurs
C’était suffisant
Ben apparemment pas
Papa a réagi avec classe
Dans ses yeux vides j’ai vu
Un oui sous-entendu
Papa a réagi avec grâce
Sous l’action du moteur
De son respirateur
Qui m’a fait l’coup d’la panne
Electrocardiogramme
Qu’est tout plat
Ma femme lui cogne des beignes
Espérant qu’il revienne
Mais voilà
Amoureux d’une flic
Pourquoi pas
Mais comment je l’explique
À papa ?
Qui me donne des nouvelles
Quand passe dans le ciel
Un orage
Il pisse sur les roussins
Là-haut, sur le coussin
Des nuages

Damoclès

Tu m’demandes ce que j’veux vraiment
Question vague, mais comme j’ai du temps
Essayons d’faire l’inventaire
Une liste rudimentaire
Je lance comme ça c’qui me vient
En essayant d’oublier rien
J’aimerais un jour danser le tango
Traverser l’atlantique sur un cargo
Et le Nil sur une felouque
Et les modes sans changer d’look
Et la vie sans trop d’encombres
Avant que la mort n’jette son ombre
Elle viendra bien trop tôt m’agripper
Damoclès, range-moi donc cette épée
Tu vas t’blesser ou perdre un doigt
J’ai même pas de sparadrap
Range ta lame dans son fourreau
C’est pas c’qui manque les bourreaux
J’aimerais constater depuis la lune
Que la terre est bleue comme un agrume
Faire une vraie baston d’saloon
Un piano dans une backroom
Viens un peu ici pour voir
Et fi nir dans un abreuvoir
J’aimerais bien connaître une garde-à-vue
Désolé pour ceux qu’en ont connu
Et puis tiens, tant qu’on y est
Tourner une planche à billet
Me payer une vie heureuse
Pour retarder la faucheuse
Qui viendra bien trop tôt m’agripper
Damoclès, range-moi donc cette épée
Tu vas t’blesser ou perdre un doigt
Si tu pleures, compte pas sur moi
C’est pas c’qui manque les ennuis
Range ta lame dans son étui
J’aimerais être en tenant une clé de douze
Celui qui est bon pour qu’on l’épouse
Qu’un bonhomme sous mon crayon
Soit plus qu’un cercle et cinq bâtons
Selon la longueur des ch’veux
Ça devient une femme si je veux
J’aimerais bien surtout te rendre heureuse
Et crois-moi, j’essaye, j’y pense, je creuse
J’veux surtout rien oublier
Chaque grain d’sable du sablier
Tant qu’près de toi ils s’écoulent
Avant qu’la camarde ne déboule
Elle viendra bien trop tôt m’agripper
Damoclès, range-moi donc cette épée
Tu vas t’blesser ou perdre une main
Si tu veux, reviens demain
C’est pas c’qui manque les platanes
Pour l’instant, range ta lame

Les secrets chuchotés

Ah ! Les secrets chuchotés
S’envolent dans le souffle
C’est là qu’ils s’emmitouflent
C’est là qu’ils sont cachés
Ces petits siroccos
S’évaporent quand ils passent
On ne met en bocaux
Aucune messe basse
Ça ne laisse pas de traces
Sauf sur la pointe des pieds
Tout contre mon oreille
Quand t’accompagnes d’un baiser
Le chemin que se fraye
En un bruit de grillons
Tes secrets que j’écoute
J’y fais bien attention
Je sais combien il coûte
D’en verser une goutte
Aussi lourds soient-ils
Profondément enfouis
Les secrets volatils
En tombant à l’ouïe
Passent d’une tonne
À un tout petit poids
De celui qui le donne
À celui qui l’reçoit
Ah ! Tes secrets chuchotés
Quand tu me les déposes
Continuent à flotter
Il reste quelque chose
En parlant en sourdine
Il y a dans le silence
Un parfum qui chemine
Dont je garde l’essence
Qui dit «je te fais confiance»
Aussi lourds soient-ils
Profondément enfouis
Les secrets volatils
En tombant à l’ouïe
Passent d’une tonne
À un tout petit poids
De celui qui le donne
À celui qui l’reçoit
Et tant que tu me l’accordes
Je veux bien faire l’éponge
À ton coeur qui déborde
Aux torrents que tu longes
Devenir Don Quichotte
Du moulin à paroles
Que tu es quand tu chuchotes
Toutes ces petites bricoles
Que moi je rafistole
Aussi lourds soient-ils
Profondément enfouis
Les secrets volatils
En tombant à l’ouïe
Passent d’une tonne
À un tout petit poids
De celui qui le donne
À celui qui l’reçoit
Des bandes adhésives
Fermaient la missive
Seule alternative
Pour voir c’qu’elle contient
Secouer le paquet
Les oreilles aux aguets
L’emballage qui craquait
Mais à part ça, rien
C’est donc pas un vase Ming
Ça aurait fait bling bling
C’est p’t’être un kidnapping
Un doigt ou une main
Mais pour la charcute
Mon pote, ça s’discute
Bosse à la Matmut
Du coup, j’y crois moins
Par amitié, j’veux bien te servir d’alibi
Dire à ta femme qu’on est sortis
Au tennis, faire genre que tu gagnes
À la rigueur, je peux même te prêter tes thunes
Ou une p’tite laine si t’as un rhume
À PES, j’te laisse l’Espagne
Je me battrais s’il faut se battre
Oui mais quoi faire avec cette boîte
J’en ai fait des rêves glauques
Des montagnes de coke
Un type à la voix rauque
Accent sicilien
Me plongeait dans l’acide
J’ai pensé au suicide
Jusqu’à c’que tu t’décides
A v’nir un matin
Reprendre ta boîte
Question délicate
J’t’ai dit que j’ai hâte
Savoir c’qu’elle contient
Quand tu m’as répondu
Je t’ai rendu ton dû
Bien sûr, on a conv’nu
Que je n’dirai rien
Par amitié, j’veux bien te servir d’alibi
Dire à ta femme qu’on est sortis
Au tennis, faire genre que tu gagnes
À la rigueur, je peux même te prêter tes thunes
Ou une p’tite laine si t’as un rhume
A PES, j’te laisse l’Espagne
Je me battrais s’il faut se battre
Pour taire c’qu’il y avait dans cette boîte

Courage

Courage, je t'écris
Ça fait longtemps qu’ta p’tite gueule
M’a laissé un peu seul
Tu me manques ces temps-ci
Courage, tu t’souviens
Quand t’étais mon armure
Les vertes et les pas mûres
Qu’on a faites, tu t’souviens ?
Courage, je te veux dans ma poche
Pour les jours où j’me sens moche
Et petit
Vois comme j’dandine
J’ai le regard qui s’débine
Bien trop souvent
Pas comme avant
Courage, à pas de loup
T’es sorti de la danse
Et ma piaule j’la sous-loue
À ma pote la prudence
Je marche sur les oeufs
Qu’j’ai pondus le jour même
Trop poli, trop taiseux
Pour demander qu’on m’aime
Courage, je te veux comme refl et
Pour les jours où j’me sens laid
Et petit
Vois comme j’m’agite
Je prends l’eau, pars à la gîte
En un coup de vent
Plus comme avant
Courage ton adresse
S’écrit pas au stylo
Liberté, cette bougresse
M’a r’fi lé le tuyau
J’ai vu que tu crèches
Sur les places Tahrir
Du jasmin dans la mèche
De l’espoir sans faillir
Courage, je te veux comme lumière
Pour les jours où j’me sens fi er
D’être ici
Vois, j’applaudis
Ceux-là qui s’croyaient maudits
Et qui ont mon âge
Ont du courage
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Le clan des miros

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Repenti

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Appelle quand tu te réveilles

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Quatre ans séparent D’une Tonne… du Clan des Miros, son prédécesseur. A l’issue d’une longue tournée qui l’aura vu arpenter les routes de France et d’ailleurs, à la rencontre d’un public toujours plus nombreux, Renan Luce avait finalement décidé de s’accorder un break – une première dans sa carrière d’artiste couronnée d’un phénoménal succès depuis ses débuts avec Repenti (album de diamant en 2006). Sorti de la frénésie de ces deux premiers albums, Renan aura pris le temps de se poser. De se construire un studio d’enregistrement, «mon lieu à moi, entre cocon et fantasme adolescent», explique-t-il, dans un coin de Bretagne où il a ses repères… De devenir père, aussi. Après, seulement, est revenue l’envie de composer, différemment.

Dès les premières mesures, Renan récuse la redite et impose, sans effort, un autre ton, une demi-mesure tout en finesse et en déliés. Pour celui qui n’a jamais considéré l’écriture à la légère, la volonté de polir les notes et de ciseler les rimes a pris le dessus : «Les chansons de mon premier album, je les avais écrites en dix ans. Celles du Clan des Miros avaient été faites sur le fil, dans la foulée de Repenti, la plupart en tournée… Cette fois-ci, je voulais me poser, aller au bout du processus créatif.» De cette période d’expérimentation, doublée d’une pratique presque obsessionnelle de la guitare, naîtra “Courage”, qui donnera son impulsion première à l’album. Sur des frondaisons folk nourries par son art consommé du picking, Renan y interpelle sa muse : « Courage, je t’écris / Ça fait fait longtemps qu’ta p’tite gueule / M’a laissé un peu seul / Tu me manques ces temps-ci…»

«Ma musique se nourrit de tout. Avec D’une tonne, j’avais envie d’aller vers quelque chose de plus personnel : à chaque titre correspond une histoire, une anecdote qui m’est arrivée et qui agit comme une étincelle… » Ainsi, un périple sur les bords du Mississippi sera à l’origine de “Voyager”, providentiel titre qui agira sur Renan comme un déclencheur : « Après cette chanson, j’ai écrit trois morceaux en quatre jours. Cet instinct-là, que je ne connaissais pas, avait quelque chose de jouissif. »

D’une Tonne à un tout petit poids, c’est aussi l’occasion pour son auteur-compositeur de promener son talent en toute liberté, de la chanson à la pop, du folk à la pompe qui lui est chère, sans jamais perdre de son homogénéité. Au fil des dix titres, il façonne des histoires faites d’inattendu (“La Boîte”), évoque des rencontres imprévues (“Amoureux d’une flic”, “J’habitais là”) ou grave dans l’écorce du vécu des motifs très personnels (“Les Secrets chuchotés”)… Quitte à se laisser aller à la mélancolie, «cette tristesse qui fait du bien» selon des propres dires, dans un “Réponse à tout” où il évoque sa relation à sa fille : «elle aussi sera partagée par ce spleen contre lequel on ne peut rien, mais qui fait la richesse de nos vies.»

Pour mettre en boîte ce catalogue d’émotions, Renan a fait appel au Suédois Peter von Poelh, orfèvre des pulsions organiques et des humeurs entrelacées : « J’avais besoin d’un compère dans ce processus créatif, quelqu’un qui m’aide à mettre le doigt sur ce que je cherchais. Peter est quelqu’un de très à l’écoute, il ne fait aucune concession : son exigence rassure.» Epaulée par une formation resserrée (Fred Jimenez à la basse, Ludwig Dahlberg à la batterie), la paire transforme les quelques jours initialement dédiés aux maquettes, dans le studio breton de Renan, en une session complète d’enregistrement : « En une semaine, l’ossature de l’album était prête. Tout coulait de source, c’était magique : dès les premières prises, il y avait une vraie complicité entre nous, une spontanéité qu’on retrouve dans l’album, quasiment réalisé live.» Quelques claviers et cuivres enregistrés au studio Vogue (Paris) par Martin Hederos viendront encore le réchauffer ; le guitariste Ludovic Bruni, déjà présent sur les précédents opus de Renan, apposera aussi ses efficaces riffs sur une poignée de titres… Mixé par Romain Clisson, D’une tonne à un tout petit poids joue les grands explorateurs du sensible en même temps qu’il s’adonne à la découverte de nouveaux terrains de jeux. Une conquête sans artifices que résume bien “Appelle quand tu te réveilles”, sémillant premier extrait dévoilé sur les réseaux sociaux début février, et auquel le public a adhéré d’instinct…

Grand spécialiste des émotions pour l’éternité, Renan Luce réussit, avec D’une tonne à un tout petit poids, le pari d’une chanson sensible et en apesanteur.

Tournée française du 4 avril au 11 juin. Paris (Le Trianon) les 12 et 13 mai.

La tournée

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